Vous avez dit rusé ?

Contes, légendes, dictons populaires... tout semble prouver que le renard est un rusé. La Salamandre pose directement la question à l'intéressé.

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Du désert australien au centre-ville de Manhattan en passant par les côtes ou la haute montagne, dans presque toutes les circonstances et à tous les régimes alimentaires le renard roux s’adapte. Voilà qui explique son expansion planétaire de l’Alaska jusqu’en Extrême-Orient en passant par le Maghreb ainsi que son succès dans les contrées de l’hémisphère Sud où l’homme l’a introduit. Animal tout sauf spécialisé, c’est un prodigieux opportuniste.

Avec une fourrure au pouvoir isolant le plus élevé au monde, le petit renard polaire est capable de résister à des températures allant jusqu’à -70°C. Présent dans les régions arctiques les plus septentrionales, ce canidé est menacé d’extinction en Scandinavie et au Canada pour cause de compétition croissante et même de prédation par le renard roux plus vigoureux.

On raconte tant de choses… Qu’il urine sur les hérissons pour qu’ils ne se mettent pas en boule, qu’il se roule dans de la terre rouge pour paraître ensanglanté puis fait le mort pendant des heures pour attirer des corbeaux… Fariboles sans aucun doute. N’empêche qu’on l’a vu faire semblant d’être rassasié pour se rapprocher de jeunes lapereaux. Ou inspecter chaque jour un nid en attendant que les poussins deviennent suffisamment gras. Il lui arrive aussi de faire des farces à ses semblables. Ainsi, une femelle suivie par des scientifiques en ville de Bristol allait gratter à toutes les portes de très bonne heure pour obtenir de la nourriture avant ses semblables.

Le renard roux est prévoyant, il accumule des réserves dans des cachettes multiples dont il se souvient remarquablement bien. Il sait différencier des humains qui l’ont nourri d’autres personnes potentiellement dangereuses. Même s’il lui arrive à l’occasion d’être complètement dans la lune, il demeure généralement d’une extrême prudence.

Sa plus grande science, le renard la met dans l’exploration de son domaine vital qu’il parcourt inlassablement en trottant 4 à 12 km par nuit. Il en connaît tous les recoins et toutes les ressources. Ses déplacements sont déterminés par la double nécessité de trouver à manger tout en restant constamment à proximité d’un couvert. Voilà pourquoi, beaucoup plus que la forêt où il se cache parfois, goupil fréquente préférentiellement les milieux à la fois ouverts et fermés : lisières, clairières, bocages, vergers, parcs ou jardins.

Rusé le renard ?

© Thomas Kitchin & Victoria Hurst / Bios

Gris dans les arbres

Parmi les quinze espèces de renards, le renard gris est le seul qui grimpe couramment aux arbres dans les trous desquels il installe souvent sa portée. Un peu plus petit que le renard roux, il vit en forêt ou dans les zones suburbaines, du sud du Canada jusqu’en Colombie et au Venezuela. Son proche cousin le renard gris des îles est gravement menacé. Cette forme insulaire ne vit que sur six îlots au large de la Californie colonisés voici 10 000 ans.

Rusé le renard ?

© Alain Dragesco-Joffè / Bios

Couleur sable

Le fennec est le plus petit renard… et le plus petit canidé au monde. Richement vascularisées, ses oreilles disproportionnées servent de refroidisseur dans la fournaise du Sahara. Hélas, cet animal se raréfie à cause d’un piégeage intensif qui alimente un trafic international d’animaux de compagnie.

Couverture de La Salamandre n°231

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 231
Décembre 2015 - Janvier 2016
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