Renard, es-tu nocturne ?

On dit que le renard ne sort que la nuit. Est-ce vrai ? Pourquoi donc… et comment s’y retrouve-t-il ?

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De jour, c’est tout simplement l’homme qui occupe la place. Partout nos chiens, nos voitures, nos tracteurs… Des siècles de persécutions ont appris au renard à nous éviter pour vivre heureux. Voilà pourquoi il s’active essentiellement de nuit dans nos campagnes. Quand nous nous levons, lui va se coucher. Et lorsque nous rentrons à la maison, il part en maraude. Ses rares sorties au soleil se concentrent pendant le rut ou au début de l’été, quand les nuits sont les plus courtes et que le nourrissage des grands renardeaux impose une chasse presque incessante.
En ville, cette tendance est encore plus marquée. Des ressources alimentaires abondantes permettent au renard de concentrer toute son activité entre minuit et six heures du matin, précisément quand le trafic est au plus bas. A l’inverse, dans les rares contrées où on lui laisse une paix royale, sur certaines îles reculées ou en Alaska par exemple, le carnivore répartit ses siestes et ses périodes d’activité presque uniformément sur 24 heures.
Heureusement pour lui, goupil a des atouts que nous n’avons pas pour vivre de nuit. De jour, il voit nettement moins bien que nous. Ses yeux perçoivent mal les couleurs et sont surtout sensibles aux mouvements… Mais la nuit, ses capacités visuelles nous surpassent largement. Et surtout, le renard baigne dans un univers sensoriel composé de mille sons et odeurs. Peu lui importe l’obscurité. On raconte même qu’un individu aveugle aurait vécu sans encombre en pleine nature jusqu’à l’âge de trois ans.

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Antennes sensibles :Les deux grandes oreilles du renard sont des antennes paraboliques déployées sur le monde. Grâce à elles, il est capable de percevoir les cris d’un rongeur à plus de cent mètres ou les très faibles sons d’un lombric à deux ou trois mètres de distance. Souvent, le prédateur se fige et penche la tête d’un côté et de l’autre pour recroiser les informations obtenues par ces deux capteurs. Il est particulièrement sensible aux basses fréquences produites par les rongeurs quand ils creusent ou se nourrissent sous terre, sous la neige ou dans la végétation.

Rétine réfléchissante :Comme chez d’autres carnivores, le fond de l’œil du renard est tapissé par une couche de cellules claires qui réfléchit la lumière : le tapetum lucidum. Ainsi renvoyés, les rayons lumineux traversent deux fois les cellules sensorielles de sa rétine, ce qui double ses capacités visuelles en conditions nocturnes. Malgré ces yeux de chat, c’est surtout à l’ouïe et à l’odorat qu’il localise ses proies et ses ennemis potentiels.

Poils subtils :De tous les canidés, le renard est le plus svelte et celui qui a le plus de similitudes avec les membres de la famille des chats. Comme eux, il possède une pupille verticale et des vibrisses. Ces moustaches sensibles plus larges que le corps lui sont très utiles dans tous les passages étroits. Ces récepteurs du toucher sont complétés par des poils tactiles sur la face et sur les pattes.

Parfum très intime :Les odeurs jouent un rôle central dans la vie du renard, tout particulièrement dans la communication entre individus. Contrairement à nous, ce mammifère ne vide pas sa vessie d’un coup quand elle est pleine. Quatre à cinq fois par kilomètre parcouru, il dépose un petit jet d’urine avec une sécrétion de ses glandes odorantes. Ce marquage olfactif est souvent complété par une crotte posée en évidence sur un caillou ou sur une souche. Chaque renard a un parfum individuel qui indique précisément non seulement son identité mais aussi son état physiologique.

Couverture de La Salamandre n°231

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 231
Décembre 2015 - Janvier 2016
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