Mettre en scène une histoire sonore

Activité scolaire et éducative dans la nature : des enfants réalisent un orchestre. / © Gabriela Fürer

Activité scolaire et éducative dans la nature : les enfants réalisent une histoire sonore avec des sons de la nature.

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Article d'origine par
Activité
  • Niveaux :
    • Cycle 1 - MS
    • Cycle 1 - GS
    • Cycle 2 - CP
    • Cycle 2 - CE1
    • Cycle 2 - CE2
  • Domaines :
    • Français
    • Éducation musicale
    • Enseignement moral et civique (EMC)
  • Lieu : Cour de l’école - Parc - Forêt - Haie - Prés - Jardin - Eau
  • Matériel : texte de l’histoire sonore pour chaque groupe (cycle 2)
  • Ressource
Livre Enseigner dehors Pages 137

Exercice :

Ensemble, on crée une histoire sonore en incluant les sons de la Nature.

Cycle 1 : Avec les jeunes degrés, l‘enseignant s‘exerce d‘abord à imiter les différents sons qui apparaissent dans l'histoire. Comment pourrait-on reproduire les chants d'oiseaux, les craquements des branches, le chuintement des écureuils ? On teste plusieurs variantes. Puis la classe joue l'histoire ensemble. L'enseignant la raconte, les enfants font les sons respectifs au moment approprié.

L’enseignant sépare la classe en deux groupes (trois ou quatre groupes pour les grandes classes). Chaque groupe invente une chorégraphie sonore pour l'histoire et la présente. L'enseignant lit l'histoire pendant la présentation. Exemple d'une histoire sonore :

*La souris éternue **(*libre interprétation d'après le texte : Kerstin Schmidt (2004) : Die Maus niest)

© Gabriela Fürer

Alors qu’il faisait silence dans la forêt (dans le pré, dans la haie, dans le parc, ….), totalement silence, et encore plus silence, alors…

  • *…*qu’aucun oiseau ne chantait
  • *…*qu’aucun souffle d’air ne bougeait
  • *…*qu’aucune branche ne craquait
  • *…*qu’aucune feuille d’arbre ne tremblait
  • *…*qu’aucun lézard ne bruissait dans l’herbe
  • *…*et qu’aucun écureuil ne chuintait

dans ce silence total, une souris, qui était assise devant son trou et s’étonnait de ce grand silence, eut soudain besoin d’éternuer.

  • *

Un geai (un renard, un chevreuil, ….), qui se reposait sous un arbre dans les environs, entendit cela, et il eût envie d’en rire.

Il se mit à tousser, puis rigola, du rire de geai le plus fort que la forêt n’ait jamais entendu.

  • A ce moment-là, les oiseaux se mirent à piailler de peur, et à donner l’alarme,
  • et une rafale de vent traversa l’air,
  • et les feuilles des arbres se mirent à s’agiter,
  • et les branches à craquer,
  • et le lézard à filer aussi vite qu’il le pouvait à travers l’herbe,
  • et tous les écureuils se précipitèrent au pied d’un arbre, puis en escaladèrent un autre, et crièrent sauvagement dans tous les sens.

Tandis que la souris s’enfuit à toute allure dans son trou et dit : « Je ne savais pas que je pouvais faire un bruit si gigantesque ! »

  • *

Cycle 2 : L’enseignant lit l’histoire à la classe. Il sépare la classe en groupes. Chaque groupe reçoit le texte de l’histoire sonore. Il invente une chorégraphie, la présente et raconte l’histoire. Exemple d’une histoire sonore:

Dans la forêt sinistrolugubre (libre traduction du texte de Martin Auer (1986) : Im Schlumperwald, par Nathalie Barras)

© Lucien Kohler

Hier, j’étais dans la forêt sinistrolugubre. Mon Dieu !, qu’est-ce que c’était horribilant ! J’en suis encore tout chantourloubé ! La forêt était tellement inquiétrange, et tout était tellement bizzafrayant, et j’étais tout seul là-bas dedans ! Au loin, j’ai entendu le mogronstre crachorer, et des lutrolls qui hurloglaient luvagement ! Et, tout autour de moi, il y avait sans arrêt des petites bestiques bruyantes qui me démangratibullaient, à tel point que ça m’a rendu complètement furfou !

J’ai marché, marché, et la forêt est devenue toujours plus sinistrolugubre, sinistrolugubre. Tout à coup, je me suis retrouvé nez à nez avec un squeltôme ! Un hidégoûtant squeltôme qui me fixévisageait avec ses yeurges insistreyants. « Je suis foutu ! » me suis-je dit. « Il va me détriturer, je suis raidmort ! » Mais il m’a juste fixévisagé méchirement, et est parti en boititubillant.

Soudain je suis arrivé dans une pentalus. Tout autour de moi il y avait des énormes arpiquants et des racinges profudes, dans lesquels des vergluants grouillitouillaient. C’est alors que j’ai vu, au fond de la pentalus une petite lumitincelle qui bristillait. « Ha, enfin, ouf ! », me suis-je dit, « au moins une petite lumitincelle dans toute cette sinistrolugubre forêt. » Mais, au fur et à mesure que je la regugait, la lumitincelle se distilloquait toujours plus et je me suis dit : « Mais, pourquoi est-ce que ça se distilloque comme ça ? » A ce moment-là, je me suis étaplati sur une de ces racinges profudes pleine de vergluants groutitouillants ! Beurk ! Tout, autour de moi, est redevenu sombrnuinoir, et les chauvessoucrottes hurlicanaient, les reloups gronrageaient en bavibullant comme des furfous, et les sanglirats ricanétranglaient, et c’est là qu’elle est apparue : l’énorme Bamgra !

Dans toute la sinistrolugubre forêt, tout est redevenu tranqualme. Plus aucune bestimale ne bougeoyait, aucun insivore n’osait rampoler, même le mogronstre avait arrêté de crachorer. Dans toute la sinistrolugubre forêt, aucun soufflair ne frembruissait. Et l’énorme Bamgra était instassise là, bien posorée, seuls ses vieux osorifices fumiginaient lenstiguement. Elle s’est ensuite soulélevée, et est partisparue tout tranqualmement de la sinistrolugubre forêt.

Mais je vous le dit : je ne retournerai plus jamais seul dans la sinistrolugubre forêt !

  • *

Le texte est à adapter à votre lieu, il s'appellera peut-être : dans le

parc sinistrolugubre, dans le pré sinistrolugubre, dans le marais sinistrolugubre, dans le jardin sinistrolugubre, dans la haie sinistrolugubre…

Après la présentation, le public évalue :

Qu’est-ce qui a plu particulièrement ?

Est-ce que le choix des sons (éléments naturels, voix), la mimique et la gestuelle étaient adaptés ?

Est-ce que les sons et les gestes opportuns étaient effectués au bon moment dans l'histoire ?

Comment était la présence scénique ?

Enseigner dehors

Cet article est extrait de Enseigner dehors

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