Construire des maisons pour les animaux

Activité scolaire et éducative dans la nature : une couchette de chevreuil. / © Nathalie Barras

Activité scolaire et éducative dans la nature : les enfants construisent des habitations pour les animaux.

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Activité
  • Niveaux :
    • Cycle 1 - MS
    • Cycle 1 - GS
    • Cycle 2 - CP
    • Cycle 2 - CE1
    • Cycle 2 - CE2
  • Domaines :
    • Questionner le monde
    • Enseignement moral et civique (EMC)
  • Lieu : Cour de l’école - Parc - Forêt - Haie - Prés - Jardin - Eau
  • Matériel : billets avec les noms des différents types d’habitats, images d’animaux, images des habitats des animaux, éventuellement une fourrure d’animaux ou animaux en peluche, éventuellement un appareil photo
  • Ressource
Livre Enseigner dehors Pages 103

Exercice :

La classe a commencé par une recherche des indices de présences animales et déterminé les trésors trouvés.

L'enseignant demande : « Que pensez-vous : dans quelle sorte de maison habitent les animaux dont on a trouvé des indices de présence? » Les enfants devinent, émettent des hypothèses. L'enseignant complète et montre des images de quelques maisons qui correspondent aux indices trouvés.

L'enseignant explique et montre les fiches-titres : « Il existe une foule de différents types de maisons pour animaux : terrier, couchette, tanière, coquille, cavité, caverne, hotte, nid, galeries, bauge, toile, carapace, etc. Lesquels de nos animaux vivent dans quel type de maison ? » Les enfants essaient de classer l'image de l'animal avec le type de maison correspondant.

Maintenant, on essaie de se mettre dans la peau d'un animal : d’avoir une vraie peau de cet animal ou une peluche à disposition peut y aider. Puis les enfants construisent un logement approprié pour lui – seul ou en petits groupes. Ils réfléchissent :

A quel endroit cet animal se sent-il à l'aise ? Pourquoi à cet endroit ?

Comment sa maison est-elle en réalité ?

De quels matériaux est-elle construite ? Et quels matériaux a-t-on à disposition ?

Comment procède-t-on pour construire cette maison ? Quels outils peut-on utiliser ?

L'enseignant laisse soit les enfants construire et expérimenter librement, soit il donne la consigne que la maison soit construite de la manière la plus semblable à la réalité. Dans ce cas, la maison est construite pour la taille réelle de l'animal. Si les enfants adorent jouer aux animaux, ou bien aiment travailler à grande échelle, ils peuvent aussi créer une maison d'animal taille enfant (voir aussi la séquence « La journée de l’écureuil »).

Le WWF peut apporter des informations concernent certains animaux sauvages dans votre salle de classe, grâce aux animations scolaires (, « animations scolaires »). Vous pouvez aussi les emprunter chez un chasseur, ou les acheter chez Spycher Handwerk (www.spycher-handwerk.ch/fr).

A la fin, chaque enfant / chaque groupe présente la construction finale aux autres. Les architectes décrivent: comment est aménagée leur maison, pourquoi ainsi, pourquoi à cet endroit, qu‘est-ce qui était facile et difficile pendant la construction. Les autres enfants donnent un retour: qu‘est-ce qui est similaire, qu‘est-ce qui est différent par rapport au logement réel de l‘animal? Qu‘est-ce qu‘on pourrait améliorer, et comment? Les enfants améliorent leurs constructions, puis les photographient.

Après la construction d'une maison pour animaux, suit en général une phase de jeu libre, pendant laquelle les enfants peuvent utiliser leur construction à leur guise.

Couchette: Le chevreuil

Une couchette de chevreuil.

Une couchette de chevreuil. / © Isabelle Piscart

Les chevreuils habitent de préférence dans les champs et les forêts. La forêt leur offre de bonnes cachettes, les champs de la nourriture variée. Ils n'ont pas vraiment une maison, mais se reposent dans des couches, aussi appelées couchettes ou reposées. On les retrouve souvent à la lisière de la forêt, aux endroits où les animaux sont bien cachés, mais ont en même temps une bonne vue d'ensemble : dans une sapinière, les ronces, le sous-bois. Pour se faire une couchette, chaque chevreuil se déblaie une place au sol avec ses sabots antérieurs. Il s'y installe pour ruminer, dormir et se reposer. Si vous trouvez en forêt une place sans feuilles, de forme ovale, dans laquelle vous pouvez tout juste vous blottir, c'est probablement une couchette de chevreuil. Souvent, vous y trouverez aussi des crottes et des empreintes, et d'autres couches de ses compagnons. Chaque chevreuil utilise plusieurs couches, d'après son activité, la météo du jour et la saison.

A un endroit où les chevreuils se sentiront bien, les enfants se déblaient des couches avec leurs mains – et s’y blottissent. Ils peuvent aussi se mettre dans de vraies couchettes de chevreuils. Les chevreuils ne vont plus les fréquenter pour quelques jours, mais reviendront quand notre odeur se sera dissipée.

Terrier: le renard et le blaireau

© Timo Ullmann

Les renards et les blaireaux habitent partout dans la Nature, même en ville. Ils construisent leur terrier souvent dans un petit monticule, sous une souche ou dans un talus. Le renard emprunte volontiers un terrier de blaireau vide pour y faire son logement. Le terrier consiste en un réseau complexe de couloirs, sur plusieurs étages, avec plusieurs pièces (les acculs) et entrées (les gueules). Le renard y vit souvent seul, avec son partenaire ou ses petits. Le blaireau y vit en grande famille. Il utilise le terrier pendant toute l'année, tandis que la renarde ne l'utilise que régulièrement quand elle a des petits, ou quand il fait froid et humide à l’extérieur. Sinon, les renards s'abritent dans le sous-bois des forêts, haies, dans les parcs ou jardins en ville. Contrairement au renard, le blaireau nettoie soigneusement son terrier, il se creuse même des toilettes pour faire ses besoins, en forme de petits creux ouverts.

Pour construire une maison de blaireau ou de renard, il y a deux possibilités : soit les enfants creusent à un endroit adapté plusieurs « gueules » à la bonne taille. Soit ils construisent un abri pour renard dans le sous-bois.

Hutte: le castor

© Katia Chablaix

Les castors sont des constructeurs rusés. L'entrée, ou les entrées, de leur hutte se trouve sous l'eau. Difficile pour l'ennemi de forcer ce château fort ! La hutte est construite de branches et d'autres matériaux végétaux. Au-dessus de la hutte, les matériaux sont posés de manière aérée, afin que l'air puisse bien circuler dans la maison.

Si le niveau d'eau n'est pas assez haut pour immerger les entrées, le castor applique de l'argile entre les branches de l'entrée. Ou bien il monte le niveau de l'eau en construisant des barrages avec des pierres, branches et brindilles, ou en creusant des canaux d'eau. Après une entrée humide dans sa hutte, le castor rejoint la chambre de nettoyage. Il doit d'abord se sécher, avant d'entrer dans la salle de séjour. La salle de séjour est sèche et se trouve au-dessus du niveau de l'eau. Pour la rendre douillette, le castor la bourre de matériel végétal.

Au bord de l'eau, les enfants essayent de construire une hutte de castor. Avec une entrée sous l'eau, une salle de nettoyage et une salle de séjour. Si nécessaire, ils peuvent aussi faire des barrages !

Coquille: l’escargot

© Timo Ullmann

L'escargot habite dans une coquille calcaire. Pour former sa coquille, il a besoin d'une nourriture riche en calcium ; il la trouve soit en mangeant des plantes, en raclant des minéraux calcaires ou même en rongeant les coquilles d'autres animaux. Chez nous autres êtres humains, il y a des individus gauchers et d’autres droitiers ; ainsi, parmi les coquilles d'escargot, il y a celles qui tournent vers la droite (espèces dextres), et celles qui tournent vers la gauche (espèces senestres). Pour se protéger de la sécheresse estivale et du froid hivernal, les escargots pulmonés ferment leur maison avec une porte calcaire, l'épiphragme. Cette porte peut laisser passer l’air, sinon l'animal étoufferait à l'intérieur. Quand la température remonte, ou que le climat devient plus humide, l'escargot se débarrasse tout simplement de sa porte. Il fabrique sa porte à partir de son propre mucus. Pour les escargots Clausilie, c'est encore plus simple : ils possèdent une porte coulissante, nommée Clausilium. Cette porte est intégrée dans leur corps. Ils peuvent la sortir pour se protéger des ennemis, ou bien la rentrer s'ils veulent sortir de leur maison.

Pour la construction d'une coquille d'escargot, l'exemple « taille enfant » se prête à merveille. Avant la création, on a cherché ensemble quelques coquilles d'escargots, voir même trouvé un exemplaire vivant pour l’observer. Avec des éléments naturels, les enfants forment une grande coquille d'escargot, en deux dimensions (2D), sur le sol. La coquille devrait être suffisamment grande pour qu'un enfant puisse facilement ramper à l’intérieur. A la fin, on fabrique la porte : une porte coulissante pour un escargot Clausilie, une porte à utilisation unique pour un escargot pulmoné. Puis, l’un après l'autre, chaque enfant peut tester la maison d'escargot : il rampe dedans, on ferme la porte, il ressort, il porte la coquille « sur » son dos.

Hotte: l’écureuil

© Timo Ullmann

Les écureuils cherchent la proximité des résineux, noisetiers et hêtres – là, ils trouvent leur nourriture préférée. Mais on les trouve également dans les parcs et jardins. Les écureuils sont arboricoles : ils passent presque toute leur vie dans les arbres. Ils y construisent leurs maison, appelées hottes. La hotte est plus ou moins ronde, d'un diamètre entre 20 et 50 cm. Elle possède normalement deux entrées, protégées de la pluie, d'un diamètre de 5 cm. L'écureuil construit son nid en forme de boule, principalement avec des branchettes et brindilles. Il tapisse l’intérieur de sa hotte avec de l'herbe, de la mousse, des plumes, de la laine, des feuilles et du raphia (écorce). L'intérieur du nid a un diamètre entre 10 et 20 cm. L'écureuil construit sa maison normalement dans une fourche entre le tronc d'arbre et une branche forte, à 5-10 m au-dessus du sol. La fabrication de la hotte ne lui prend que quelques jours de travail. L'écureuil possède, en plus de sa hotte principale, des appartements de réserve qu'il utilise pendant la recherche de nourriture ou lors de perturbations autour de sa résidence principale.

Pour construire une hotte, plusieurs variantes et degrés de difficulté sont possibles :

  • simple : avec des branches et branchettes, on construit une hotte taille enfant, de forme ronde, avec ou sans entrées. On la tapisse avec des feuilles.

  • moyen : avec des branchettes et brindilles, on fait un toit au-dessus de notre hotte taille enfant.

  • difficile : on fabrique une hotte taille réelle, avec des branchettes et brindilles. Le plus simple est de commencer par une construction de base ronde, faite de branchettes flexibles ou lianes : clématite, lierre, saule ; sur la base de cette construction, on tresse des brindilles. A la fin, on ouvre deux trous d'entrée, et on tapisse l'intérieur.

Bauge: le sanglier

Un chaudron de sanglier.

© Timo Ullmann

Les sangliers aiment les habitats qui proposent de l'eau pour se souiller, et beaucoup de couverture végétale. Chez nous, ils sont actifs au crépuscule, ainsi que la nuit. Ils passent leurs journées dans des bauges, aussi appelées nids ou chaudrons. Une bauge consiste en une dépression sur le sol, garnie d'un matelas dense de feuillages, branchages, herbes, fougères et mousses. Une bauge est utilisée par toute une famille de sangliers, la harde. Les sangliers aiment le confort, ils utilisent rarement une bauge deux fois. Suivant la météo, ils choisissent d'autres lieux de repos et d'autres matériaux pour leur matelas. Par temps chaud, ils se reposent aux endroits ensoleillés, dans des creux de terre ou sur un matelas rafraichissant. Quand il pleut, ils se retirent dans une sapinière dense. En cas de vent, ils se mettent à l'abri du vent derrière une colline et, quand il neige, ils préfèrent les lieux infranchissables avec une végétation dense.

Avant que les petits marcassins ne naissent, en février-mars, la laie se construit un chaudron doux et chaud : pour ce faire, elle se fabrique un tas de paille, de foin et de feuillages ; puis, elle le protège avec des branchages, jusqu'à ce qu'il atteigne une hauteur d'environ 1 m ; à la fin, elle se pousse dans le tas et le soulève avec son corps : une caverne se forme, appelée chaudron.

Suivant la saison, les enfants se créent une bauge pour une harde de sangliers, ou bien un chaudron pour une laie.

Nid: le hérisson

Un nid de hérisson.

© Timo Ullmann

Entre octobre et avril, le hérisson hiverne. Il se construit pour la période froide un nid bien isolé, protégé de la pluie et de la neige - ou bien il emprunte un abri. Sa résidence d'hiver se trouve souvent sous des branchages, dans des haies, dans un tas de compost, mais aussi sous des tas de bois et dans des cavités sous nos maisons. Son nid est fait de feuilles et de brindilles. Pendant l'hiver, il arrive souvent que le hérisson change de nid, malgré l'hivernation. Pendant la saison chaude, le hérisson se fabrique plusieurs nids vite faits et désordonnés qu'il utilise rarement pendant longtemps.

Variante simple : les enfants se créent un nid de hérisson taille enfant, à partir de feuilles et de branchettes. Ils se reposent dans le nid et se laissent recouvrir de feuilles. Etonnant, comme cela tient chaud!

Variante complexe : on construit un vrai abri pour un hérisson. On a besoin d'une place ombragée et protégée des intempéries, par exemple sous des arbres et arbustes. Au début, on construit la pièce d'habitation pour le hérisson, faite de branches ou de pierres. On la recouvre avec des branchettes, de l'herbe sèche et des feuilles. On fait attention à ce que l'entrée reste ouverte. Et on espère qu'un de ces compagnons piquant et friand de limaces y emménage bientôt !

Nid: l’oiseau

Les nids d'oiseaux existent en multiples formes et tailles, et leurs constructeurs procèdent avec milles méthodes. Le matériel de construction pour un nid a deux fonctions : il doit porter et isoler. Pour la base du nid, les oiseaux utilisent souvent du matériel artificiel, comme des morceaux de papier, de plastic ou de tissu.

A deux ou en petits groupes, les enfants essaient de fabriquer un nid d'oiseau. Ils peuvent opter pour la variante taille enfant, expérimenter avec le matériel, ou construire précisément comme une certaine espèce. Pour la base du nid, ils entrelacent des brindilles et des tiges. Le lierre et la clématite conviennent bien pour former une base. Puis ils tissent des brindilles et de l'herbe dans la construction. A la fin, ils tapissent leur nid. Pour les jeunes enfants, l'enseignant peut préparer une base de nid avec du fil de fer flexible : former une fleur avec le fil de fer, les enfants peuvent y tisser du matériel naturel.

Les enfants placent leur nid à un endroit où leur espèce d'oiseau se sent à l'aise. C’est bien possible qu'un oiseau utilise au moins nos matériaux de construction ! Les nids dont la base est stable, faite de fil de fer, peuvent être cachés lorsque c’est le temps de la venue du Lapin de Pâques, remplis avec des œufs en sucre, ou utilisés comme paniers pour les cueillettes.

Toile: l’araignée

© Martina Henzi-WWF

Les fils des toiles sont faits de soie d'araignée. L'araignée produit elle-même cette soie. Comparée au poids de l’animal, la soie d'araignée est quatre fois plus résistante que de l'acier, et on peut l'étirer sur trois fois sa longueur sans qu'elle ne casse. On estime qu'il faut en moyenne une à deux heures de travail, et 30 m de fil de soie, pour construire une toile. Les toiles existent en beaucoup de formes : la plus connue est la toile orbiculaire (en forme de roue), mais il y a aussi des toiles en dôme, en tube, en hamac, en triangle, des toiles irrégulières, même des épuisettes et des fils capteurs. L'araignée commence par définir le cadre de sa toile en se servant des éléments présents dans l'environnement (brins d'herbe, arbres, murs...). Ensuite, elle réalise une sorte de « Y » en fil de soie. Puis elle va fixer sa soie en différents points afin que sa toile soit fixe et immobile. A la fin, elle crée des fils en forme de spirale.

On cherche des toiles d'araignées dans les environs, et on les observe : comment sont-elles construites ? Où l'araignée a-t-elle commencé son œuvre, où l’a-t-elle terminée ? Avec une ficelle de chanvre, chaque enfant essaie de créer soi-même une toile d'araignée. Il peut tisser librement autour des arbres ou dans un anneau de saule, ou bien essayer d'imiter le modèle observé.

Vous trouvez des marches à suivre pour des toiles taille enfant dans la séquence « Construction en cordes ».

Suites possibles

Dans une maison taille enfant, les enfants peuvent lire, s'imaginer un affût de l'animal, écrire une rédaction sur l'animal, dessiner depuis la perspective de cet animal…

Coquilles d'escargots vides : les exemplaires récoltés peuvent être remplis de résine ou de cire, munis d'une mèche et allumés comme bougies.

On construit des nichoirs pour les oiseaux et les insectes.

On peut regarder des livres sur les maisons des êtres humains à travers le monde (voir bibliographie).

Bibliographie

Les maisons des animaux :

Preben Bang et Preben Dahlström (1999) : Guide des traces d’animaux. Delachaux et Niestlé.

Milan Jeunesse (Ed., 2011): Qui vit où ? Milan Jeunesse.

Guy Troughton (2013) : A qui est ce nid? Piccolia.

Les maisons des hommes:

Valérie Vedeau (2013): Les maisons. Ed. Hatier.

Eric Battut (2013) : Ma maison… L’Elan vert.

Enseigner dehors

Cet article est extrait de Enseigner dehors

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